vendredi 20 novembre 2009

T'as pas un bouquin à me conseiller ?!

Bouquins

Rhâaaaaaaaaaaaaa la question qui tue !! Comment veux-tu que je te donne un seul titre, là, comme ça ?! Tu veux quoi ? THE bouquin qu'il faudrait lire selon moi, s'il ne devait en rester qu'un ?! Tu veux un bouquin léger ou un peu plus dur ? Tu veux un bouquin avec une belle histoire d'amuuur ou un bouquin bien déprimant et qui plombe bien ? Un polar ? Pas un polar ? Un bouquin récent ? De la littérature française ? Sud-américaine ? Nordique (ah ben oui, j'en ai tout plein en stock de ce côté-là !) ?

Ben si tu veux de la « Question Con », celle qui consiste à demander quel bouquin je conseillerais arrive largement en tête. Comment répondre à cette question ?! L'envie de lire un bouquin dépend pour moi d'un millier de choses. Et je lis des bouquins qui peuvent être très différents les uns des autres. Comment donc en conseiller un, comme ça, de but en blanc ?! Un coup de coeur, ça se partage... mais il faut quand même qu'il soit situé dans un certain contexte... M'enfin, la question est posée. Il faut donc y répondre. Reprenons :

« — T'as pas un bouquin à me conseiller ?!
— ... ben... ch'ai pas... tu veux quoi ?
— N'importe... un bouquin bien, quoi !

(Là, y'a deux écoles... Soit la personne avec laquelle tu discutes est stupide, soit elle a des doutes sur ta capacité de compréhension et imagine que tu peux lui conseiller un bouquin "pas bien"... Cette demande de "bouquin bien" m'a toujours laissée perplexe...)

— ...
— Bon ben là, par exemple, tu lis quoi de bien ?

(Toujours cette obsession du "bouquin bien"... comme si je pouvais me délecter de lire de la merde et de m'obstiner dans cette bouse... ceci dit, les personnes qui me connaissent un tant soit peu savent que j'en suis capable... bref.)

— Ah ben tiens, je viens de lire « La moustache », d'Emmanuel Carrère. C'était pas mal... C'est l'histoire d'un type qui rase sa moustache, mais personne ne s'en rend compte, même pas sa compagne. Au fil du bouquin, on se rend compte qu'en réalité il est fou, que tout ce qu'il pensait être sa réalité n'existe pas. Tout son monde s'effondre autour de lui. Et c'est plutôt pas mal fichu parce qu'on s'identifie grave au gars, alors même que le bouquin n'est pas écrit à la première personne. Tu sors de là, tu te poses pas mal de questions sur ta réalité, sur la folie, sur la frontière et sur le fait qu'on peut basculer rapidement sans s'en rendre compte... Ça plombe pas mal, mais c'est un bon bouquin.
— ... ah... ouaih mais non... si ça plombe, j'ai pas bien envie... T'as pas autre chose ?
— Ah ben si tu m'y forces, je vais être obligée de te conseiller THE bouquin... Le must du must (de mon point de vue, bien entendu) : « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez ! C'est super le pied, moi j'ai adoré ! C'est l'histoire de la famille Buendia sur six générations acculée à vivre cent ans de solitude par la prophétie du gitan Melquíades. Tout se passe à Macondo, petit village imaginaire. Ce qui est fascinant, dans ce bouquin, c'est que la réalité pure et la magie se côtoient de façon tout à faire "normale". La gitan Melquíades arrive sur un tapis volant, mais c'est naturel... Bon, le truc, c'est qu'ils ont un peu tous le même prénom. Résultat, au bout d'un moment, tu confonds un peu tout le monde. Mais c'est pas bien grave finalement... Et puis si tu veux, j'ai pris tout un tas de notes pendant ma lecture, j'ai fait un super arbre généalogique avec une "biographie" de chaque personnage... Je te filerai tout ça si tu veux...

(Oui, bon... je me rends compte que je n'arrive jamais à vendre correctement ce bouquin... et pourtant, c'est un réel chef-d'œuvre... et je parle toujours très mal des bouquins que j'ai vraiment aimé...)

— Mmhh... Ca a l'air un peu compliqué quand même... J'ai pas trop envie de me prendre la tête... T'as pas un truc plus simple, plus sympa...? Avec une histoire d'amour, par exemple...
— Simple et sympa, je sais pas, mais une histoire d'amour, t'en as une magnifique dans « Belle du seigneur », d'Albert Cohen... Bon, le bouquin est un petit pavé, mais ça se lit super bien parce que l'histoire est époustouflante...
— Nan, trop gros...
— Un polar alors ?
— Ah ouaih ! J'ai bien aimé « Da Vinci Code » !
— ... ... ... J'ai rien en stock qui ressemble au « Da Vinci Code »...
— Dommage, j'avais bien aimé... bien écrit avec plein de suspense et tout et tout...
— Il y aurait bien « Le cinquième évangile » de Michel Faber qui toucherait un peu au sujet de la religion, mais ça ne ressemble absolument pas au bouquin de Dan Brown. Et puis de toute façon, il est pas terrible... Pour ne pas dire "franchement nul"... Et comme tu veux un "bouquin bien"... Sinon, j'aurais bien quelques polars nordiques lus dernièrement, mais ils ne sont pas super funky comme les super-personnages de Dan Brown... Les miens sont plutôt dépressifs et alcooliques...
— Mmhhh... ça me dit pas trop...
— Ah ben tiens, sinon, dans le style "roman drôle", y'a « Pourquoi j'ai mangé mon père » de Roy Lewis... ou « Sans nouvelles de Gurb » d'Eduardo Mendoza. Le premier, c'est l'histoire d'hommes préhistoriques qui sont conscients de leur état d'hommes préhistoriques et de précurseurs. Ils sont partagés en deux "clans" : les modernes qui veulent à tout pris évoluer (tomber de l'arbre, se sédentariser, apprendre l'art...), et les anciens qui campent sur leurs positions ("Back to the trees !", comme dit l'oncle Vania !). L'humour est dans le décalage entre leur situation d'homme préhistorique et leur discours totalement anachronique. Je suis une méga fan de ce bouquin.
Le deuxième bouquin, c'est l'histoire de deux extra-terrestres qui débarquent sur Terre et qui, pour se fondre dans la masse, empruntent des corps d'autochtones. Gurb, de façon tout à fait fortuite, va se retrouver dans le corps de Madonna... et il va disparaitre. Son petit compagnon part donc à sa recherche, mais il est confronté à un monde qu'il ne connait pas et qu'il ne comprend pas. Le bouquin est écrit sous la forme d'un journal intime. C'est carrément excellent !
Les deux bouquins sont tout simplement hilarants. Et puis ils mettent plein de "coups de râpe" (langage en mode "Sud-Ouest" !) à notre société actuelle.
— Ouaih... pourquoi pas...
— Sinon, je viens de lire un bouquin porno...
— ... oh l'autre, hein !! Sans déc' ?! T'as lu un bouquin de cul ?! C'était quoi ?!
— « Contes à faire rougir les petits chaperons », de Jean-Pierre Enard... Et effectivement, y'a de quoi faire rougir quelques petits chaperons ! Ceci dit, c'est plutôt bien écrit...
— Pffffff !! N'importe quoi !! Je vais quand même pas lire un bouquin de cul !! Trop drôle...
— Oui ben là, je sais plus trop... « Le soleil des Scorta » de Laurent Gaudé...? C'est vachement sympa, ça aussi... Ca se lit vite et en plus il a eu le Prix Goncourt. Ca fait vachement bien de dire "Ch'ui en train de lire un Goncourt"... (c'est à cet instant que j'aurais eu besoin du point d'ironie...)
— Oh non, moi, les bouquins qui ont eu des prix littéraires, je m'en méfie...
— Sinon, tu peux toujours taper dans les classiques... Y'a de chouettes bouquins, et on n'y pense pas assez souvent. Et puis la plupart du temps, on croit connaitre un bouquin parce qu'on en entend parler depuis toujours, mais en réalité on ne l'a pas lu... « La peste » de Camus... « Voyage au bout de la nuit » de Céline, « Le rouge et le noir » de Stendhal, « Vipère au poing » de Bazin, « Jules et Jim » d'Henri-Pierre Roché... Mais j'imagine que les classiques, t'as pas trop envie non plus...
— Ben non...
— Et Boris Vian ?! T'as déjà lu des bouquin de lui ? Moi j'ai adoré « L'écume des jours » quand j'étais ado... Mais Boris Vian, soit tu admires d'un coup, soit tu rejettes... C'est tout blanc ou tout noir, en somme...
— Non, je connais pas... mais bon...
— Sinon, y'a aussi les "OVNI". Récemment, une collègue m'a fait découvrir « Retenir les bêtes » de Magnus Mills. C'est l'histoire de deux gars qui plantent des clôtures. Ça parait con, comme ça, mais c'est super drôle...
— ... mmhhh... ça à l'air bizarre, quand même...
— ... ben là, comme ça, je ne vois rien de ce que j'ai lu récemment qui pourrait te convenir... Restent les bouquins dont tout le monde parle en ce moment... La trilogie « Millénium » et « Le mec de la tombe d'à côté »... que je suis en train de lire, d'ailleurs...
— Ah ben ouaih, tiens !! Tout le monde en parle, ça me fait bien envie !! Et puis ça a l'air chouette, non ?!
— ... ... »

C'était bien la peine de me demander mon avis... Et puis tout le monde parle des mémoires de Chirac, aussi... Soit dit entre nous, « Le mec de la tombe d'à côté » est parti pour ne pas me plaire tant que ça... Ça pue sent un peu trop l'eau de rose à mon goût...

Tout ça pour dire que j'ai rarement de réponse à la question « T'as pas un bouquin à me conseiller ?! ». Et puis vous pouvez toujours aller faire un tour sur mon blog livres, j'essaie de le tenir à peu près à jour de mes lectures...


Je veux lire la suite, c'est trop chouette...!

vendredi 30 octobre 2009

Une histoire d'obsession...

Maison finlandaise
Tampere - Finlande - Photo par Jef Maion


J'ai remarqué que dans mes lectures, je suis très souvent "mono-obsessionnelle". Je concède que je le suis aussi régulièrement dans ma vie professionnelle, quand je n'arrive pas à faire quelque chose et que je ne comprends pas pourquoi ça ne fonctionne pas comme je le souhaiterais... Mais passons. Dans mes lectures, disais-je donc, j'ai régulièrement des mono-obsessions — mono-obsession autour d'un auteur, d'un thème ou d'un genre. Admettons que je tombe sur un bouquin qui me plaise beaucoup, je suis capable de me taper tous les bouquins du-dit auteur, quitte à m'en dégouter, d'ailleurs. Je me souviens de ma période "Amélie Nothomb", par exemple : je l'ai découverte à la sortie de "Métaphysique des tubes" ou de "Stupeur et tremblements", je ne sais plus trop. Je suis tombée sous le charme, et je me suis enquillé la majorité de ses bouquins disponibles à ce moment-là. Il devait y en avoir une dizaine. Le résultat, c'est qu'aujourd'hui, il m'est tout à fait impossible de lire quoi que ce soit venant d'elle... Ce qui est certainement fort dommage. Ou pas.

Le problème, dans ce cas-là, c'est que je cherche inconsciemment à lire la même chose que dans le premier bouquin, tout en voulant lire quelque chose de différent... ce qui n'est pas possible. Mon explication est un peu nébuleuse, mais je ne peux pas mieux faire...

Quoi qu'il en soit, je suis actuellement partagée entre deux obsessions qui, bien souvent, n'en font qu'une : les polars et la littérature nordique (Norvège, Suède, Finlande, Danemark et Islande). Je ne sais plus bien comment j'en suis arrivée là. Je crois que, pour l'aspect "littérature nordique", c'est suite à la lecture de « Petits suicides entre amis » de Arto Paasilinna... Encore qu'il n'est pas si exceptionnel que ça, ce bouquin... En revanche, pour l'aspect "polar" de mon obsession du moment, je ne saurais dire d'où ça vient. À l'origine, je ne lis que très très peu de bouquins appartenant à ce genre littéraire. Je suis d'ailleurs une vraie bille dans ce domaine... Mais voilà, depuis quelques temps, j'enchaine principalement des bouquins nordiques, des polars, et des polars nordiques... à en devenir dingue, mais sans pouvoir m'en passer. Je confonds les lieux et les personnages (aux noms absolument imprononçables), mais j'en suis totalement accro.


Maison islandaise
Maisons traditionnelles sur fond de gravier volcanique - Islande
Photo par Jef Maion


Et puis les noms des auteurs sont à eux seuls source de rêverie : Arto Passilinna, Erlend Loe, Gunnar Staalesen, Arnaldur Indridason... J'adore ! Mais je sais qu'à la différence de certaines autres "obsessions livresques", je n'arriverai pas à me dégouter de cette "obsession nordique". Et il y a deux raisons à ça : la première, c'est qu'elle concerne différents auteurs, elle est donc variée. La seconde, c'est l'ambiance de ces bouquins : de l'humour décalé, de l'auto-dérision, du cynisme et du sarcasme ; des inspecteurs/commissaires/détectives désenchantés et alcooliques dont la vie perso part à vau-l'eau... Que du bonheur, ma bonne dame ! Je crois bien que cette obsession est doucement en train de se transformer en véritable passion...

Au programme du prochain passage à la librairie (ou plus vraisemblablement du passage sur amazon) : des bouquins de Ake Edwardson, de Sjón, de Arni Thorarinsson, de Matti Yrjänä Joensuu, de Per Wahloo et Maj Sjöwall... sans oublier mes chouchous Indridason, Paasilinna, Staalesen, Nesbo et autres Mankell... De beaux moments en perspective !

Pour avoir quelques idées de lectures sur ce sujet, vous pouvez toujours aller faire un tour sur mon blog livres, à la rubrique « Littérature nordique »... Là, il faut que je vous laisse... J'ai commencé « Contes barbares », un thriller de Craig Russell (un écossais...), et j'ai hâte d'aller m'y replonger : un tueur en série organise ses scènes de crimes d'après les contes des frères Grimm... Brrrrrrrrr...


Je veux lire la suite, c'est trop chouette...!

samedi 24 octobre 2009

Où sont donc les pestiférés ?



Deux lépreux moyenâgeux agitant une crécelle, portant bâton et écuelle.
Détail d’un manuscrit français, XVèmes., BNF


On nous avait prédit une méga hécatombe pour octobre... On touche à la fin du mois et on l'attend encore. Où sont donc les pestiférés de la grippe du petit cochon ? Où sont donc tous les morts annoncés ?!

On nous avait prédit une pandémie, on a monté des "plans-grippe A", on parlait d'une économie paralysée par un trop plein de nez qui coulent... J'imaginais déjà un monde à la mode Michael Jackson : on aurait tous porté un joli masque sur le museau et de beaux gants blancs sur les mimines... Et même qu'il y aurait certainement eu quelques petits malins qui auraient décoré leur masque, un peu à l'image des gosses qui dessinent sur les membres plâtrés de leurs petits camarades... Il y aurait bien eu quelques petits malins qui auraient dessiné une bouche tirant la langue, ou une bouche avec des dents manquantes... Quel monde merveilleux ça aurait été. La grosse déconne.

Ça avait pourtant bien commencé. Il y a quelques semaines, on ne pouvait pas écouter/lire/regarder un média sans être assailli d'informations sur la propagation du virus : une crèche à Pépin-Les-Oies a été fermée parce qu'une éducatrice avait peut être été en contact avec une personne susceptible d'être malade... Une classe a été fermée à Pétaouchnok parce qu'un gamin ne s'est pas présenté ce matin et qu'il est peut être malade... Un vieux de 95 ans est mort à cause de ce virus... et puis un cancéreux en phase terminale aussi...

Certains parlaient de grippette, d'autres d'un méchant virus mutant lâché sciemment par des laboratoires... On ne savait sur quel pied danser. Et même si on déclarait haut et fort s'en tamponner le coquillard, on avait quand même un peu la pétoche... on avait d'ailleurs surtout peur de l'ostracisme qui n'aurait pas manqué de nous frapper en cas de maladie...

Ah le temps béni où, dès que quelqu'un osait tousser en public, dès que quelqu'un éternuait ou osait se moucher à la face du monde, on le regardait en coin, l'oeil noir, en s'écartant discrètement de lui, l'air horrifié... On allait se laver les mains à coups de détergents en hurlant « Rhâaaaaaaaaaaaa pinaise !! Ça y est, la grippe du mini cochon est là !!! Et il a même pas éternué dans sa manche, le con !! Tu vas voir qu'il nous aura foutu le virus-tueur-exterminateur dans les locaux !! » Ca permettait même d'être peinard au boulot : il suffisait d'arriver avec un petit bout de tissu autour du cou et un mouchoir à la main pour que les collègues paranos partent se réfugier à l'autre bout du bâtiment... Nous vivions alors dans un monde merveilleux.

Oui mais voilà : rien de ce qu'on nous avait annoncé est arrivé. Et du coup, on est bien dans la merde. Comment va-t-on faire ?! Et j'en fais quoi, moi, de la crécelle que j'avais acheté spécialement pour l'occasion ?!


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vendredi 23 octobre 2009

Les habitués du vendredi matin


Monsieur Heureux


Le public du vendredi en section jeunesse est toujours un public un peu à part. Déjà, en 2007, je faisais un article sur les petits vieux du vendredi après-midi. Pour ceux d'entre vous qui se poseraient la question : oui, ils continuent à venir. Mais ce ne sont pas les mêmes qu'en 2007, fatalement...

Le vendredi est également particulier le matin. Les gosses sont à l'école, les parents sont au boulot. C'est une matinée assez morte en section jeunesse. Il n'empêche... il n'empêche qu'il y a quand même un peu de passage, et ce ne sont que des "habitués" : les Habitués du vendredi matin.

Il y a tout d'abord la crèche : 6 petits gnomes et les 3 accompagnatrices. Ils viennent regarder un petit dessin animé et lire quelques livres. Ils sont super rigolos : les premières fois, ils étaient un peu timides, un peu effrayés par la structure et par moi, aussi. Maintenant, ils connaissent les lieux, ils me connaissent. C'est la fête quand ils arrivent, ils se battent pour venir me dire bonjour ou pour me donner le DVD qu'ils vont regarder... Aujourd'hui, c'était « Monsieur Bonhomme »...

Le vendredi matin, il y a aussi les publics adultes "en marge". Pour la plupart, ce sont des adultes sous tutelle plus ou moins indépendants. En général, il y a une éducatrice pour deux adultes. Ils ne fréquentent pas uniquement la section jeunesse, mais ils y viennent beaucoup. Ce matin, une des deux accompagnatrices m'a demandé un livre sur la grossesse, avec de belles images à regarder. On a dégoté le bouquin tiré du film « L'Odyssée de la vie » de Nils Tavernier. Les illustrations sont très réalistes et très jolies. Elle a ensuite passé une grosse demie-heure avec un des deux petits messieurs qu'elle accompagnait : elle lisait le livre avec lui, lui expliquait les images, et lui expliquait comment on fait les bébés, comment ils grandissent dans le ventre maternel... C'est assez déroutant comme scène. La dame, toujours très posée, très attentive, et très respectueuse, s'adresse aux deux petits messieurs en les appelant par leur prénom, mais en les vouvoyant. Alors voir un adulte expliquer la sexualité et la grossesse à un autre adulte, tout ça à base de « Vous voyez...? Vous comprenez...? Qu'est-ce que vous en pensez...? », c'est déroutant... Et en même temps, c'est vraiment touchant. Le petit monsieur était ravi. Il a ensuite emprunté le film. Il était tout fier de venir me montrer le DVD et de m'expliquer qu'il l'avait trouvé sur les rayons, que c'était certainement un film très chouette et qu'il le regarderait sur son lecteur de DVD... Et j'étais moi-même toute contente de lui avoir fait plaisir...

Le vendredi matin est particulier parce qu'on a moins de lecteurs, mais les quelques lecteurs que nous avons demandent beaucoup plus d'attention que la majorité des gens qui passent dans la médiathèque. Ils sont moins autonomes, ils faut les accompagner, essayer de comprendre ce qu'ils veulent vraiment, ils ont parfois des difficultés à s'exprimer clairement. Ce n'est pas toujours facile, mais c'est un public "reconnaissant" : ils se souviennent de nous. Si on arrive à trouver un truc qui leur convient, ils reviennent tout contents la semaine suivante et ne veulent plus parler qu'à la personne qui leur a dégoté le truc qui leur a plu. Et c'est super agréable. J'ai tout un tas de "petits amis du vendredi" ; j'aime vraiment aller bosser le vendredi matin. Cette matinée-là, j'ai réellement l'impression de servir à quelque chose, de faire un boulot utile et de ne pas être là pour rien.

C'est suffisamment rare pour être souligné...


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mardi 20 octobre 2009

Le geste Éco-citoyen du jour


Ecofont


Le hasard fait parfois bien les choses : je me baladais sur quelques forums, je cherchais quelques réponses à des problèmes de mise en forme via les feuilles de style css... Et j'ai trouvé la réponse à une question que je ne me posais pas : comment économiser de l'encre quand on imprime ?

La solution, c'est Ecofont.

L'illustration ci-dessous explique au mieux le principe d'Ecofont: de minuscules évidements circulaires dans le corps des caractères. Si le résultat n'est pas très beau, quand il est grossi à ce point, l'utilisation avec une taille de casse courante rend par contre très bien... tout en économisant de l'encre. Bien entendu, le résultat dépendra aussi des logiciels et des écrans utilisés... Ecofont s'intègre très bien dans OpenOffice, Appleworks et MS Office 2007. Les meilleurs résultats s'obtiennent avec une imprimante Laser. Basée sur la police open source Vera Sans, Ecofont est disponible pour Mac, PC et Linux. [Source]


Ecofont


Imaginée par SPRANQ creative communication, une web agency batave, Ecofont est une police qui consomme jusqu'à 20% d'encre en moins.

La seule petite réserve que l'on pourrait avoir, c'est qu'elle est un peu moins lisible à l'écran qu'une police "normale". Elle est plus grise et parait un peu moins nette. Mais Ecofont est avant tout une police d'impression : et effectivement, à l'impression, elle est largement plus nette que ce qu'elle parait à l'écran. Le résultat sur papier est tout à fait satisfaisant. Et elle est téléchargeable gratuitement...

Alors, à quand le geste citoyen ?!


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samedi 17 octobre 2009

Une tête de mule sur un canasson




Ayé ! J'ai tout bien repris mes cours d'équitation... Et le moins que l'on puisse dire, c'est que si les chevaux peuvent être mules, ce n'est rien en comparaison d'un PetitChap posée dessus !

Tentons de dresser un premier bilan... En 5 cours :

j'ai monté 4 chevaux différents
je suis tombée une fois (oui, une magnifique chute, d'ailleurs... en plein galop... la loose...!!)
je n'ai été satisfaite de moi que sur deux sessions
j'ai me suis découvert des muscles insoupçonnés jusqu'alors
j'ai compris que l'équitation est un sport, quoi qu'en pense la majorité des gens. Et même si c'est effectivement le cheval qui galope, on fait nous aussi bosser nos petits muscles et notre petite respiration... En clair, je crache régulièrement mes poumons...!
au vu des chevaux que je vois dans les box, et en les comparant à ceux que je monte, j'ai rapidement compris que j'apprends à conduire sur des Renault5 et que je ne conduirai jamais de Lamborghini.

Et puis surtout, j'ai réussi à sortir de chez moi en tenue d'équitation. Je ne suis pas bien certaine que tout le monde se rende bien compte de ce que ça représente... La tenue d'équitation est certainement super glamour sur une jolie jeune fille de 1.90m pour 40kg, mais dès qu'on n'entre pas dans cette catégorie, on tombe rapidement dans la catégorie "Sac à patates". Si si. Pas terrible terrible. Super pantalon moulant à coutures placées de façon stratégique, pantalon avec renforcement de tissus sur l'intérieur du mollet et du genou... Pratique, confortable et fonctionnel, mais il ne faut pas penser aller draguer hors d'une écurie dans cette tenue, parole de PetitChap ! Tu rajoutes à ça l'élégance de la bombe délicatement posée sur la tête, et tu auras un tableau quasi complet de la chose. Le bûcheron, quand il m'a vue accoutrée de la sorte, m'a sorti un « T'inquiète pas ma chérie, tant que tu es habillée comme ça, personne ne te fera rien !! »

Je ne monte qu'une heure par semaine, mais je ne passe pas une journée sans y penser. Résultat, à l'image du skieur qui visualise sa course avant la descente, je passe ma semaine à me dire : « Descends bien tes jambes, PetitChap ; descends bien tes talons, décolle un peu tes mollets, écarte tes genoux ; sers-toi de tes jambes pour guider le cheval... » Pour un peu, ça en serait pitoyable !! Mais je ne peux pas m'en empêcher !! Un peu comme une gamine qui découvre un nouveau jouet...

Mais un PetitChap reste un PetitChap, même montée sur un canasson. En clair, je râle régulièrement... Alors bon, je ne râle contre rien ni personne hormis contre moi-même. Exemple : lors de ma dernière session, je montais une jeune jument d'à peine 4 ans, jument pas "finie" (dans tous les sens du terme, d'ailleurs : elle va encore grandir, son apparence va changer ; elle est dressée, mais elle a encore plein de choses à apprendre). Elle ne comprend pas encore super bien les directions qu'on lui demande de prendre, elle est encore super sensible de la bouche (comme tous les jeunes chevaux) et elle comprend mieux ce qu'on lui demande quand c'est demandé par les jambes (et non par les rênes par exemple), etc, etc. Et évidemment, je me suis chiée... Je ne la maîtrisais pas comme je l'aurais souhaité, et je ronchonnais... J'ai fait une très mauvaise session, un très mauvais galop, de très mauvais exercices. Et bien entendu, je me suis dit que cette jument, je ne l'aimais pas beaucoup... Résultat, vu que je suis une belle tête de mule, je me crois capable de demander à monter cette jument la fois prochaine, juste pour me prouver que je peux mieux faire... Je suis très en colère contre moi...

Voilà voilà... J'te jure, quelle vie trépidante...


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vendredi 11 septembre 2009

Un cerveau pour 40000 supporters, c'est peu.


Cerveau d'Homer Simpson


Une fois n'est pas coutume, je vais parler de foot. Je ne suis pas une amatrice assidue, mais il m'arrive de regarder quelques matchs, de temps en temps — même quand le bûcheron n'est pas là...

À moins de vivre au fin fond de la brousse (mais dans ce cas, vous ne pouvez pas être en train de lire cet article), chacun savait que le match que jouaient les français mercredi soir était capital pour leur qualification pour la prochaine Coupe du Monde. Je me suis donc plantée devant la télé, un demi-sourire narquois sur les lèvres... Allez savoir pourquoi, une probable défaite de l'équipe de France m'amusait... Raymond-le-Fou m'amuse beaucoup lui aussi, surtout lorsque son équipe de champions perd... « Oh ben on n'a pas fait un si mauvais match... Et puis on peut très bien se contenter d'une défaite... Estelle, veux-tu m'épouser ? » J'adore ! Moi, ce type, je pourrais passer des heures à l'écouter ! Il a un gros souci d'égo, un gros souci de communication, un gros souci au niveau des sourcils... (ah, on me dit que ce n'est pas fair-play de s'attaquer au physique...). Raymond-le-Fou a un gros souci tout court. Raymond-le-Fou est un pitre. Et puis il s'est mis tout le monde à dos : les supporters (« Les supporters sont des cons. » si, si, il l'a dit.), et même les joueurs, quoi qu'en disent les démentis.

En résumé, quand il y a du grabuge, j'adore. Il parait que je suis méchante... Moi, je dirais simplement que je me divertis.

Ce que je préfère, dans un match de foot international, c'est le moment des hymnes. Mercredi soir, avant de chanter la gloire de leur pays respectif, les deux capitaines ont fait un appel au fair-play et au respect de l'adversaire... Ce qui n'a fait qu'aggrandir mon sourire narquois... Mais le meilleur restait à venir. Environ 20 secondes plus tard, la joyeuse fanfare entonnait l'hymne français. On a alors pu constater à quel point l'appel des capitaines avait été entendu : la Marseille a été sifflée comme elle l'avait rarement été — ce qui n'est pas peu dire. Magnifique. Mais les supporters serbes ne comptaient pas s'arrêter en si bon chemin... ils devaient se faire chier grave pour s'échiner à siffler chaque fois qu'un français avait le ballon... Alors on ne sait même plus si on doit rire ou pleurer de cette attitude pathétique et quasi universelle dans ce sport. Il semble que les gens qui vont assister à un match de foot n'y vont pas pour passer un bon moment ou pour soutenir une équipe, mais uniquement pour s'acharner violemment sur l'équipe adverse. Étrange vision du respect...

Mais les joueurs ne sont pas en reste niveau stupidité... J'en veux pour preuve cet idiot qui hurle à la mort dans la surface de réparation, qui se roule dans tous les sens mais qui n'arrive pas à déterminer l'endroit qui lui fait mal... et qui, lorsque la civière entre sur le terrain, se relève miraculeusement et repart jouer, frais comme un gardon. « Ca me met la rate au cours-bouillon ! », comme dirait Cindy de Secret Story. Oui, j'ai de belles références...

Alors il ne sert à rien de faire des comparaisons entre sports, mais on ne peut que constater qu'on ne voit ce genre d'attitude qu'au foot. Des supporters qui sifflent et ne respectent pas l'adversaire, des supporters qui passent le match dos tourné au terrain, des supporters qui lancent sur le terrain tout se passe leur sous la main... mais c'est également le seul sport où on voit des joueurs qui ne respectent pas l'adversaire, qui insultent l'arbitre et contestent systématiquement ses décisions, des joueurs qui simulent des blessures gravissimes au point d'en être ridicules et pathétiques... des joueurs qui pèsent des millions, qui servent de modèles à plein de gosses et qui ne sont même pas capables de respect...

Voilà... Ce sport me désespère... Tous les joueurs et tous les supporters n'entrent pas dans la catégorie "stupides", mais il y en quand même beaucoup trop... C'que j'en dis...


Vous avez remarqué que le foot est le seul sport dans lequel il y a des 0 à 0 ?! C'est à dire que les gars galopent pendant plus de quatre-vingt dix minutes pour 0 point à 0 point... C'est pas idiot ça ?!


Je veux lire la suite, c'est trop chouette...!